Les superbactéries «Nightmare» continuent de se cacher aux États-Unis, mais les efforts de contrôle fonctionnent

Selon les dernières données de surveillance des Centers for Disease Control and Prevention, plusieurs types de bactéries résistantes aux médicaments «cauchemardesques» se cachent dans les établissements de soins de santé du pays. Mais les données suggèrent également que les efforts de contrôle récemment mis en place aident à éradiquer les germes mortels.

Les données, publiées mardi dans le rapport hebdomadaire de la CDC sur la morbidité et la mortalité, portaient sur les bactéries résistantes à un groupe d'antibiotiques appelés carbapénèmes, qui sont souvent utilisés comme médicaments de dernier recours. La résistance au carbapénème apparaît souvent chez les bactéries de la Enterobacteriaceae famille, qui comprend des agents pathogènes intestinaux communs tels que E. coli et Klebsiella. Ces résistants au carbapénème Enterobacteriaceae (CRE) a fait son apparition sur la scène clinique à partir du début des années 2000 et ils ont eu tendance à résister à beaucoup ou à presque tous les autres antibiotiques, en plus des carbapénèmes. En fait, les CRE provoquent des infections redoutables avec des taux de mortalité aussi élevés que 50% des cas cauchemardesques, comme les CDC aiment à les appeler. Pour cette raison, la CRE est considérée comme l'une des plus grandes menaces microbiennes par le CDC et l'Organisation mondiale de la santé.

En 2009, le CDC a créé un guide spécifique à la CRE pour tenter de surveiller, contrôler et éliminer efficacement les cas de CRE dans les établissements de santé, où ils causent souvent des infections du sang, du cathéter et de la ligne centrale. Les instructions indiquent aux agents de santé de faire des tests tels que des tests de laboratoire pour surveiller les isolats cliniques, dépister les agents de santé susceptibles de transmettre asymptomatiquement les germes mortels, placer les patients infectés dans des chambres individuelles avec des précautions de contact et se laver les mains.

L’année dernière, l’agence a également renforcé son jeu de surveillance en laboratoire dans les centres de santé, en effectuant des analyses plus détaillées sur les isolats de CRE collectés, ainsi qu’une analyse similaire concernant les germes, résistants au carbapénème. Pseudomonas aeruginosa (CRPA). Les analyses plus nombreuses incluaient une analyse des niveaux de résistance de chaque isolat et des types de gènes responsables de cette résistance. De nombreux éléments génétiques peuvent aider les bactéries à échapper aux carbapénèmes.

Au cours des neuf premiers mois de 2017, le réseau de laboratoires de l'agence a collecté et analysé 5 776 isolats provenant de divers établissements de santé situés dans 32 États. Parmi ces isolats, environ 25% ont produit des enzymes appelées carbapénémases, capables de contrecarrer le carbapénème. Il y avait 1401 CRE et 25 CRPA identifiés.

Chiffres effrayants et bonnes nouvelles

Parmi ces isolats résistants au carbapénème, 1 205 (84,5%) ont vaincu l’antibiotique de dernier recours en codant la carbapénémase commune, appelée KPC, en abrégé Klebsiella pneumoniae carbapénémase. Les 221 autres souches (15,5%) portaient au moins un des quatre gènes moins communs mais préoccupants qui codent pour différentes carbapénémases. Ces enzymes sont la métallo-bêta-lactamase (NDM) de New Delhi, la métallo-bêta-lactamase (VIM) codée par l'intégrine de Vérone, l'imipénémase (IMP) et la carbapénémase de type oxacillinase 48 (OXA-48).

L'agence a mis en évidence ces isolats de carbapénème génétiquement plus rares dans un communiqué de presse et une téléconférence avec des journalistes, ce qui a provoqué des manchettes confuses. D'un point de vue épidémiologique, l'agence souhaite capturer ces souches moins communes avant qu'elles ne deviennent plus communes, comme le CRE porteur du KPC. Mais cela ne signifie pas pour autant que ceux-ci sont nécessairement en augmentation ou plus dangereux que le CRE commun portant le KPC, à la fois en ce qui concerne la mort d'un pourcentage plus élevé de patients ou la propagation de leur pharmacorésistance plus librement à leurs frères.

Lors de la téléconférence, Anne Schuchat, directrice générale adjointe du CDC, a indiqué que les données de surveillance n'incluaient pas les taux de mortalité associés à ces 221 types de CRE les moins courants. Et les données moléculaires n'incluaient pas d'évaluation visant à déterminer si les enzymes étaient codées sur des éléments génétiques que les bactéries peuvent facilement partager entre elles. (Des travaux antérieurs suggèrent qu'un grand nombre d'entre eux, y compris le KPC, peuvent être trouvés sur ceux-ci). De plus, ce niveau de surveillance en est à ses balbutiements, il n’ya donc pas assez de données pour dire quelle est la prévalence de ces souches moins communes dans l’ensemble, ni si elles augmentent ou diminuent. Il n'y a pas encore de données de tendance pour des types spécifiques de CRE.

La bonne nouvelle, toutefois, est qu’il existe suffisamment de données sur la CRE en général pour dire décroissant global. Sur la base des données recueillies auprès du réseau national de sécurité des soins de santé (NHSN) de CDC entre 2006 et 2015, le pourcentage de résistance au carbapénème parmi Enterobacteriaceae les isolats d'hôpitaux de soins de courte durée de courte durée sont passés d'un sommet de 10,6% en 2007 à 3,1% en 2015.

Les chercheurs ont comparé cette chute à celle d’un autre type de résistance aux médicaments chez Enterobacteriaceae, β-lactamases à spectre étendu (BLSE). L'agence surveille également les germes présentant ce type de résistance, mais elle n'a pas mis en place de guide de contrôle des BLSE comme il l'avait fait pour la CRE. Au cours de la même période de 2006 à 2015, les taux de BLSE sont restés relativement stables, allant de 17,6% en 2006 à 16,5% en 2015.

Le CDC a conclu que "ces données suggèrent qu'une réponse agressive précoce, telle que décrite dans les recommandations de prévention des infections spécifiques à la CRE publiées à partir de 2009, peut ralentir l'émergence et même réduire la survenue d'infections par des agents pathogènes résistants".